Des ailes pour échapper au monde 

Il y a quelques années j’ai ouvert un blog, c’était à un tournant de vie où le monde s’écroulait, où je ne savais plus comment mettre un pied devant l’autre, comment traverser la rue, pourquoi trouver une raison de le faire.

La sensation d’inutilité battait son plein, ne faisant pas de place à la légèreté, l‘avenir, la joie, l’espoir.
Sur les Ailes de la Sardine (tel était le nom de ce blog toujours ouvert mais plus du tout actif, ayant oublié (in)volontairement ? identifiants et mot de passe)

 

Un autre blog suivra plus tard, à une période où les émotions reprenaient leurs droits … Trop mal, peut-être trop précipitamment, persuadée par quelques manipulations enthousiasmes que finalement je valais bien un petit quelque chose … Chute supplémentaire

Le vide n’était pas là de laisser place à l’espoir, il aura fallu attendre que la chute termine sa course folle, m’entraine plus bas encore…

Qui n’a pas cru en de belles promesses, se doutant bien qu’une pointe de futilités et de visibles mirages se dissimulaient à peine sous des offrandes bien vite oubliées ? Avancer le pied vers une fausse lumière a au moins eu pour résultat de mettre un zeste de dorure sur mon estime.
Pour le reste, c’était à moi de poser une réelle lumière dans ma vie.

 

L’hypersensibilité est, à première vue, un sérieux handicap quand on ne sait pas par quel bout la prendre.
Avec elle, vous passez bien vite pour une capricieuse « petite princesse », emmerdeur, jamais satisfait, vous êtes forcément susceptible aux yeux de certains, votre larme « trop facile » énerve, (« tu ne vas pas encore chialer hein ? » Douloureuse phrase qui finira par construire une armure dans laquelle vous cacherez sanglots, émotions, mots,douleurs)

Presque tout prend une ampleur pharaonique, le cerveau se met en ébullition, les nuits ne sont pas de tout repos, le monde s’écroule.
Un regard dédaigneux, une phrase « anodine », une feuille qui dépasse, les cliquetis, le bord « tranchant » d’une étiquette de pull, la lumière aveuglante d’un spot, tout peut prendre une ampleur exceptionnelle.

Il n’y a pas si longtemps, alors que la fatigue s’en prenait à mon corps tout entier, un bruit alentour qui dura ce qui me semblait être des heures alors que j’avais décidé de me reposer avant d’aller à l’atelier, me mit dans un état de nervosité tel qu’une crise de nerfs m’envahit.
L’accumulation de divers soucis refirent surface, deux très mauvaises nuits, une journée sur la route la veille … Tout alla vite : respiration  saccadée, souffle coupé, larmes en violentes secousses.

S. eu la vive présence d’esprit de nous emmener faire un tour, aller marcher, pas loin, juste sortir de ce qui me semblait surhumain.

La pression s’envola presqu’aussi vite qu’elle était arrivée, la promenade nous laissant côte à côte, admiratifs du printemps tout proche

 

La sensibilité c’est aussi ça : ce qui n’est que moments ennuyeux prend parfois une tournure extrême, sans pour autant que nous en soyons atteints d’une pathologie psychiatrique.

La vie donne ses cartes en main, nous en faisons tout ce que nous pouvons, mais loin d’être frêles, les hypersensibles savent bien souvent les utiliser pour construire des châteaux de cartes singuliers

Tout comme les soucis petits ou grands peuvent laisser leurs empreintes, les bons moments, les surprises positives, les rencontres fortuites, déclenchées, éphémères deviennent sensationnels, ébouriffants, éblouhissants….

 

Comment j’aborde cettte sensibilité :

Elle m’épuise parfois, me laisse sur le sol. Mon corps semble peser une tonne, alors que les articulations se volatilisent, deviennent guimauve. Quant au moral, c’est un tsunamie, le temps s’arrête, le sourire disparait, les idées prennent des teintes sombres.
Puis, un mot parfois suffit, une image, une teinte plus mordorée suffisent à redonner du pep’s .

Vasciller entre plusieurs émotions sur une journée, pour aborder la vie qui s’écoule comme une belle rivière, allant jusqu’à me bercer dans le courant, contrant parfois ce qui ne me concerne pas. Force exceptionnelle, pointe d’humour, soupçon de frivolité. Rien que ça, et pas seulement

Avec le temps, et après avoir « bossé » sur le sujet, j’ai appris à aborder ce qui n’est absolument pas un inconvéniant.
je l’accepte, c’est avec elle que ma créativité donne tout ce qui est en moi, je canalise du mieux que je peux les sentiments, les explosions d’émotions, les appréciations parfois-souvent- ferventes et/ou acérées.

 

Depuis quelques temps, je laisse la méditation s’emparer des trop-pleins

Avec cette technique, j’ai réussi à raisonner, à poser les nécessités, à visualiser autrement ma façon d’aborder les heures et les autres.
Mais jamais, au grand jamais je n’échangerai cette sensibilité contre une vie stable, 10 paquets de lessive, un 4X4, un diamand gros comme l’ongle mon pouce gauche.
Elle est ce que je suis, ce que je deviens, ce que vous connaissez de moi

Qu’à celà ne tienne, que ça plaise ou non, nos actions et réactions nous rendent différents…
Et c’est ce qui me plait !

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