C’est comme tout, de l’exercice, du temps, des échecs, des heures encore, y revenir, s’y remettre…. Je vais surtout passer un bref moment à expliquer le travail au tour histoire de ne pas vous faire perdre la tête. Avant d’être capable de faire une pièce digne de ce nom sur ce qui fût un temps un objet de torture, d’y venir sans appréhension les mésaventures, les pertes de temps et de calme sont fréquentes. Voilà bien un appareil qui semble facile à gérer quand on voit les céramistes être de véritables virtuoses. J’imagine aisément une funambule sur son fil… Combien de chutes a-t-elle subi avant de passer le câble tendu sous ses pieds ?

“Deux mains qui se joignent. C’est comme le baiser d’un ange. Comme le vertige du funambule en équilibre sur un fil.”

GUILLAUME MUSSO

Le travail de la terre demande de nombreuses manipulations, le savoir-faire s’acquiert avec le temps, mettre encore et encore les mains sur cette matière meuble pour la transformer est un travail parfois blessant, l’envie de passer à autre chose survient alors. Avant de passer d’un bloc d’argile à une tasse, les étapes sont nombreuses, les mains et l’esprit s’allient sur le tour, girelle lancée à vive allure, vous voilà sur le manège à chercher le centrage. Rien ne se fait tant que la motte d’argile n’a pas trouvé son centre, tant que les mains, les bras, le corps, n’ont pas donné l’ordre avec douceur et fermeté à la matière de rester dans l’axe.

Il faut ensuite lui trouver une forme, ouvrir la pièce, monter de solides murs, comme pour une demeure, affiner les contours, arrondir par ici, refermer par-là, imaginer le thé fumant, un expresso comme à Naples, un chocolat crémeux et revenir à l’ouvrage…. L’esprit vagabond engendre des dérapages….

Oui mais là je m’avance, un projet qui prend forme après quelques ratages, quelques essais infructueux, où les noms d’oiseaux s’échappaient de l’atelier à grands moments de désespoirs et de promesses.

Avant qu’un objet ne voit le jour, cela demande de très nombreuses étapes, je reviendrai lors d’un autre article sur la suite du travail, car une fois la pièce en forme, le façonnage n’en est qu’au début de la conception.

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