Entre impulsion,divagation et souffle

Pour que de nouvelles idées voient le jour, bien avant de poser les mains sur la matière soyeuse, granuleuse, cotonneuse ou rèche, il est nécessaire de passer par des étapes pouvant aller de l’euphorie à l’inquiétude, en intégrant le calme, l’espoir, la gaieté, la réflexion, la concentration …

 

Et de passer du temps à regarder ailleurs. Quand je dis « ailleurs », je ne vous ordonne pas à tromper l’amour de votre vie, si je disais ça c’est un peu comme si je vous demandais de prier pour moi, ou de manger du lapin alors que vous n’aimez pas ça ….

Mais revenons à nos lapins !

En ce qui concerne le fonctionnement de mes pensées créatives, elles peuvent rester dans le vide des jours durant, rien ne sort de mon esprit, rien de créatif, du moins rien qui semble probant à devenir créatif. Cette attente est pourtant nécessaire, cette pause où finalement les choses bougent dans un calme agaçant, l’impression que j’ai de perdre mon temps, que les heures tournent et que je ne suis pas de ce monde qui attend tellement de nous…. La petite phrase tellement assomante lorsque nous sommes de ceux qui ne bossent pas en ce moment, où chez eux « Quoi, mais c’est pas du boulot ça ! laissez-moi rire ! et patati et ronchonchon ! » est de celles qui me laisse anéantie. Jouer l’indifférence à ces comportements : Ah, mais la voilà la solution !

Vous voulez en parler ? J'adorais savoir comment arrivent vos impulsions

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Décider de voler de ses propres petites ailes demande bien plus qu’on ne croit… Et il n’y a pas que la funambule qui le dit.
Avant qu’une idée semble viable à la personne qui crée, des heures vont passer, des colères aussi, des doutes, des remises en question.
Les coups de pouce sont nécesssaires, pas toujours là, pas forcément au bon moment, et surtout pas (toujours) demandés.

Mais pour que les belles choses voient le jour, les inspirations des ailleurs sont la nécessité.

La fringale des créateurs se trouvent partout, chacun ayant ses repères, ses points d’attaches, ses sensibilités.

Entre notes de musique, couleurs, textures, le monde entier est source à motiver le cortex, à faire vibrer la corde de l’imagination. Mais je tapote, je tapote sur le clavier et je sais déjà que j’oublie un souffle, et pas des moindres : l’inégalable sensibilité, accidentellement extrême, de celle dont je suis dotée, parfois dans laquelle je suis ensevelie….

Mes inspirations sont comme des moteurs à ces enfantements, ces souffles de vie.

L’air expulsé devient alors la création que le corps « rejette » non pas pour s’en débarrasser mais bien pour laisser la place aux envies suivantes, leur laisser de quoi prendre place, pousser, prendre forme.

Dans la longue liste des impulsions, je vous offre les sentiments, ceux que l’on reçoit chaque jour. Entre tendresse, hostilité, lourdeur, joie, insatisfaction, charme, exubérance, insécurité, peur, tranquilité.Tous ces sentiments font que quelque chose en ressortira.

La création est une véritable auto-thérapie, témoin de l’union de l’imaginaire et des mains actives. Les émotions se transforment, prennent vie et deviennent un objet à toucher, admirer, détester, posséder mais absolument né des émotions et d’un long travail.

 

La nature est assurément la première de mes impulsions. Entre les fleurs, leurs formations si complexes qu’on en oublie de regarder la composition de ces corps graciles, les couleurs subtiles, les parfums tantôt enivrants, tantôt repoussants…. J’y trouve une inspiration inépuisable. Leur présence me réconforte.

 

La musique, me motive aussi, j’ai besoin d’elle pour écrire, pour tourner, pour aérer la tête avant transformations.

Elle motive mon imaginaire.

Depuis quelques semaines j’ai tendance à n’écouter que des artistes qui ne mettent pas de mots, l’influence de certains vrais poètes chantants m’empêche de me concentrer, principalement pour travailler l’argile sur le tour, moment où la concentration est à son sommet, je peux ainsi fermer les yeux et centrer la terre, faire monter les parois plus haut, plus fin. Mais je ne refuse pas d’écouter, en boucle souvent, réelles obsessions acoustiques, l’univers de certains artistes complets et dont le monde fait bien plus que me parler. Mais je vous en parlerai une autre fois.

Qu’est-ce qui me motive aussi, en dehors des grands moments de silence, cette solitude aussi utile et jubilatoire qu’amère et lourde à travailler seul chez soi ?

Les paysages, un mot, une lumière, une odeur plus ou moins sucrée, un plat aux épices mordorées.

Et puis il y a les autres, les artistes, les créateurs motivants , secoueurs de synapses. Je m’inspire de leur monde, je pioche des idées que j’assemble entre elles, je laisse souvent tomber un projet, pour y revenir plus tard, ou pas, les mettre à ma sauce, mêler les ingrédients, en faire ce qui me ressemble !

 

Dans un prochain article, je vous parlerai des créatrices. Et oui, honneur aux femmes, les hommes patienteront, mais qu’ils se rassurent, quelques-uns me filent eux aussi la patate, des frissons, des larmes aux yeux par leur travail émouvant.
Parce que s’il n’y a pas l’émotion, la funambule ne déambule pas !

 

« Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique »
Jean-Paul Sartre ( Esquisse d’une théorie des émotions)

 

 

 

2 Commentaires

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    La funambule poète dans l’âme, poète jusqu’au bout des doigts.

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      Merci beaucoup Joëlle, c’est toujours un bonheur de recevoir de bonnes choses

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